Matrice de compétences : le modèle Excel à télécharger et la méthode pour la remplir
Téléchargez notre modèle Excel de matrice de compétences et suivez la méthode en 6 étapes pour savoir qui maîtrise quoi dans votre équipe.
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Une matrice de compétences est un tableau qui croise les personnes d'une équipe et les compétences dont cette équipe a besoin, avec un niveau de maîtrise dans chaque case. Elle montre en un coup d'œil qui sait faire quoi, où l'équipe dépend d'une seule personne et quelles formations lancer en priorité. Vous trouverez ici un modèle Excel prêt à remplir et la méthode pour le compléter en six étapes.
Ce qu'il faut retenir
- Une matrice de compétences croise des personnes (en lignes) et des compétences (en colonnes), avec un niveau de 0 à 4 dans chaque case.
- Elle sert à trois décisions : former, répartir le travail et recruter.
- Limitez-vous à une équipe et à 10 à 15 compétences. Au-delà, le tableau ne se lit plus.
- Fixez pour chaque compétence un niveau requis et le nombre de personnes qui doivent l'atteindre : c'est ce qui fait apparaître les risques.
- Le point faible d'une matrice est la notation. Appuyez chaque niveau sur des faits observables, et les compétences comportementales sur une évaluation structurée.
Qu'est-ce qu'une matrice de compétences ?
La matrice de compétences est un outil de pilotage d'équipe. Les lignes portent les noms des collaborateurs, les colonnes les compétences utiles à l'activité, et chaque case indique le niveau de maîtrise d'une personne sur une compétence. Un code couleur rend l'ensemble lisible sans calcul.
Dans l'industrie, on parle plutôt de matrice de polyvalence : le principe est le même, appliqué aux postes de travail d'un atelier, pour savoir qui peut remplacer qui. En anglais, l'outil s'appelle skills matrix.
Elle ne se confond pas avec le référentiel de compétences. Le référentiel décrit les compétences attendues pour un métier et leurs niveaux. La matrice dit où en est chaque personne par rapport à ces attentes. Le premier est une liste de référence, la seconde une photographie de l'équipe à une date donnée.
À quoi sert une matrice de compétences ?
- Repérer les dépendances. Une compétence tenue par une seule personne est un risque : un congé ou un départ suffit à bloquer l'activité.
- Orienter la formation. Les écarts entre le niveau constaté et le niveau requis désignent les formations utiles, personne par personne.
- Répartir le travail. Pour constituer une équipe projet ou organiser un remplacement, la matrice indique qui est autonome sur quoi.
- Préparer un recrutement ou une mobilité. Quand aucune formation ne comble un écart dans les délais, la matrice précise la compétence à aller chercher, par mobilité interne ou à l'extérieur.
Le modèle Excel de matrice de compétences à télécharger
Le fichier contient quatre onglets :
- Notice : le mode d'emploi en six étapes.
- Matrice : la grille, prévue pour 15 personnes et 12 compétences, avec un exemple rempli. Les couleurs, le taux de couverture de chaque personne et l'alerte « À risque » se calculent seuls.
- Actions : le plan d'action, une ligne par écart à combler.
- Échelle : la définition des cinq niveaux de maîtrise.
Télécharger le modèle Excel de matrice de compétences (fichier .xlsx, gratuit, sans inscription).

Comment remplir une matrice de compétences en 6 étapes
1. Délimiter le périmètre
Une matrice se construit pour une équipe ou un métier, pas pour toute l'entreprise. Une quinzaine de personnes est un maximum pour qu'elle reste lisible sur un écran. Pour un service plus grand, faites une matrice par équipe.
2. Lister les compétences
Partez des activités réelles de l'équipe, pas d'une liste générique. Pour chaque activité, demandez-vous ce qu'il faut savoir faire pour la réussir. Séparez ensuite les compétences techniques des compétences comportementales, et gardez 10 à 15 intitulés. Si un référentiel de compétences existe déjà, reprenez ses formulations.
Un bon intitulé décrit une action : « mener un entretien de recrutement structuré » se note, « communication » ne se note pas.
3. Choisir une échelle de notation
Une échelle courte, où chaque niveau décrit ce que la personne sait faire, évite les débats au moment de noter. Celle du modèle compte cinq niveaux.
| Niveau | Intitulé | Ce que la personne sait faire |
|---|---|---|
| 0 | Aucune pratique | N'a jamais réalisé l'activité, ou ne la connaît pas. |
| 1 | Débutant | Réalise l'activité avec l'aide d'une personne plus expérimentée. |
| 2 | Autonome | Réalise seul les situations courantes, demande de l'aide sur les cas inhabituels. |
| 3 | Confirmé | Réalise seul toutes les situations, y compris complexes, avec un résultat fiable. |
| 4 | Référent | Maîtrise l'activité au point de former les autres et de faire évoluer la pratique. |
4. Fixer le niveau requis
Chaque compétence reçoit deux réglages. Le premier est le niveau attendu pour tenir le poste : toutes les compétences n'exigent pas un niveau 4. Le second est le nombre de personnes qui doivent atteindre ce niveau. Visez au moins deux personnes sur chaque compétence critique, pour qu'une absence ne bloque pas l'activité.
5. Évaluer chaque personne
C'est l'étape la plus délicate, parce qu'une note attribuée au jugé ne vaut rien. Trois précautions la fiabilisent :
- S'appuyer sur des faits : une tâche réalisée seul, un résultat obtenu, une certification, une évaluation.
- Croiser deux regards : la personne s'évalue, son manager l'évalue, puis ils discutent les écarts.
- Laisser la case vide quand la compétence ne concerne pas la personne. Un 0 signifie « devrait savoir et ne sait pas », ce qui n'est pas la même chose.
6. Lire la matrice et décider
Lisez d'abord en colonnes : une compétence où trop peu de personnes atteignent le niveau requis est à risque. Lisez ensuite en lignes : une personne très en dessous des niveaux requis a besoin d'un plan de développement, une personne au niveau 4 peut former les autres.
Chaque écart retenu devient une ligne du plan d'action, avec une action (formation, tutorat, mission, recrutement), un responsable et une échéance. Pour le choix des actions, voyez aussi comment développer les compétences des collaborateurs.
Exemple de matrice de compétences
L'exemple livré dans le modèle porte sur une équipe recrutement de cinq personnes, évaluée sur douze compétences. Il se lit en trois constats :
- Une compétence à risque. Sur le droit du recrutement, une seule personne atteint le niveau requis. Si elle s'absente, l'équipe n'a plus de recours.
- Un profil en montée en compétences. L'alternant atteint le niveau requis sur 3 compétences sur 12. C'est attendu à ce stade, et la matrice dit lesquelles travailler en premier.
- Un savoir concentré. La responsable est référente sur cinq compétences. Elle est la tutrice désignée, mais l'équipe dépend beaucoup d'elle.
Cinq erreurs qui rendent une matrice inutilisable
- Trop de compétences. Au-delà de quinze colonnes, plus personne ne lit le tableau.
- Des intitulés vagues. Une compétence qu'on ne peut pas observer ne peut pas être notée.
- Une échelle sans définition. Si « niveau 3 » ne veut pas dire la même chose pour deux managers, les notes ne se comparent pas.
- Une notation au jugé. Sans faits à l'appui, la matrice reflète l'opinion du manager, pas les compétences de l'équipe.
- Un fichier jamais mis à jour. Revoyez la matrice à date fixe, par exemple deux fois par an, et à chaque arrivée, départ ou changement d'organisation.
Compétences comportementales : la partie la plus difficile à noter
Une compétence technique se constate : la tâche est réalisée ou elle ne l'est pas. L'écoute, la rigueur ou l'adaptabilité sont plus difficiles à noter, et c'est sur ces colonnes que deux managers divergent le plus.
AssessFirst aide les équipes RH à objectiver cette partie. Des évaluations de la personnalité, des motivations et du raisonnement mesurent les aptitudes comportementales et cognitives de chaque collaborateur, que vous pouvez ensuite comparer aux compétences attendues pour le poste. La colonne des compétences comportementales repose alors sur une mesure, plus sur une impression.
Questions fréquentes
Quelle différence entre matrice de compétences et matrice de polyvalence ?
Le principe est identique. « Matrice de polyvalence » est le terme de l'industrie : les colonnes sont des postes de travail ou des opérations, et l'objectif est de savoir qui peut tenir quel poste. « Matrice de compétences » s'emploie plus largement, y compris pour des compétences comportementales.
Quelle différence entre matrice et référentiel de compétences ?
Le référentiel liste les compétences attendues pour un métier et décrit leurs niveaux. La matrice applique cette liste à des personnes réelles et montre où chacune se situe.
Quelle échelle de notation choisir ?
Une échelle de quatre ou cinq niveaux suffit. L'important est que chaque niveau soit défini par ce que la personne sait faire, par exemple « réalise seul les situations courantes », et non par un adjectif.
À quelle fréquence mettre à jour une matrice de compétences ?
À date fixe, par exemple deux fois par an, et à chaque changement dans l'équipe : arrivée, départ, nouvelle activité.
Excel suffit-il, ou faut-il un logiciel ?
Pour une équipe, un tableur suffit. Quand plusieurs managers doivent contribuer ou que les matrices se comptent par dizaines, un outil dédié évite les versions multiples du même fichier.

